Marie Desplechin, Nicholson Baker, Pierre Gripari, Roland Topor, Thomas Hill

De Franse schrijfster Marie Desplechin werd geboren op 7 januari 1959 in Roubaix. Zie ook alle tags voor Marie Desplechin op dit blog.

Uit: Verte

« Sur terre, tout le monde a le droit de se plaindre. Les hommes, les femmes. les jeunes, les vieux, les animaux eux-mêmes se plaignent. De l’excès d’amour, de l’absence d‘amour, de la famille, de la solitude, du travail. de l’ennui, du temps qui passe, du temps qu’il fait… Le monde râle, c’est ainsi. Parmi toutes les espèces. il en existe une pourtant qui n’a pas le droit de se plaindre.
Une seule. L’espèce des mères. À la rigueur, elles peuvent se mettre en colère. Mais pas gémir, c‘est mal vu. Pourquoi? Parce que grâce à leurs enfants, les mères baignent dans un océan de bonheur. C’est connu.
Quelle hypocrisie! Moi qui suis une mère, je le dis tout net: ces derniers temps. ma fille me met les nerfi en pelote. Elle me rend chèvre. Elle me fatigue.
J’ignore comment les choses se passent dans les familles normales. Elles ressemblent probablement à ce qui se passe chez nous.J’entends chez les sorcières. Sorcières: je n‘aime pas le mot. 11 sent le château fort et le bûcher, le bonnet pointu et le manche à balai, j’en passe et des meilleures. Tout un folklore désuet qui date du Moyen Âge.
Moi, de ma vie, je n’ai jamais porté de chapeau, et encore moins de chapeau pointu. Pointu pour pointu, je préfère les escarpins à très hauts talons. Quant au balai volant, lais-sez-moi rire. Quand je veux voler, je prends l‘avion comme tout le monde.
D‘ailleurs. toute sorcière que je sois, personne ne pourrait me reconnaître, à la porte de l’école, dans le petit tas de mères qui poireautent en attendant la sortie des classes. Je ressemble à Madame N’importe Qui. Enfin, je crois… je n’ai jamais vérifié: je n’attends pas ma fille à la sortie des classes.
Faire comme les autres, ce n’est pas mon genre. Je suis vraiment différente. Je peux vraiment faire un tas de choses dont le commun des mères n’a même pas idée. Faire pleuvoir ou faire neiger. Donner la varicelle et le coryza. Transformer un chien en tabouret. Me faire livrer par le supermarché sans passer de commande. M’abonner au câble sans payer. Et je n’évoque pas les pouvoirs très extraordinaires, tellement extraordinaires qu‘il est interdit d‘en parler.”

 

 
Marie Desplechin (Roubaix, 7 januari 1959) 

 

De Amerikaanse schrijver Nicholson Baker werd geboren op 7 januari 1957 in Rochester.Zie ook alle tags voor Nicholson Baker op dit blog.

Uit:House of Holes

“Rhumpa was her name, and, yes, she paid a visit to the House of Holes. The people she was staying with in New Haven were wealthy and under-read. Although they were middle-aged, their minds were very young and she couldn’t take them seriously. She saw a pepper grinder in the middle of the table, and while they talked about the price of tires she unscrewed the little knob on the top, and when it came off she lifted the wooden part off the central spindly thing and looked inside, where she could see in the shadows of peppercorns. She thought, The peppercorns are waiting to be ground up. They’re still round, like little dry planets, but not for long.
Rhumpa held the machine to her nose and smelled the distant sharpness of the pepper, which made her smile. And then the pepper grinder got bigger and she jumped down into it and fell through tumbling peppercorns, and she smelled a hundred dinner parties of the past.
Then she was herself again, but standing on the porch outside the House of Holes. She rang the buzzer. A man with a bag on his back answered. He introduced himself; his name was Daggett. He took her into a small room with a round wooden table and, referring to a clipboard, began asking her questions. He asked her to describe her ideal man.
“I like men who are intelligent and witty,” Rhumpa said. “Also kind to animals and interested in other people and able to hold a conversation of reasonable length.”
Daggett frowned and looked at his clipboard. “It says here that you favor a man with a heavy, dark dick. It quotes you as saying, ‘Some nice things are just not possible with a small, pale dick.’”
“Where did you get that piece of information?” Rhumpa asked, outraged.
“During reassembly they do a spectrum analysis,” Daggett said. “They screen for diseases, of course, and comb through for lurid thoughts. What’s your ideal sexual encounter?”
“Oh, touching, kissing, caressing,” Rhumpa said, at a loss.
“It says here that you would favor having three Italian airplane pilots in uniform shoot their comeloads onto your belly while you cup your clitoris with a wooden spoon.”

 

 
Nicholson Baker (Rochester, 7 januari 1957) 

 

De Franse schrijver Pierre Gripari werd geboren in Parijs op 7 januari 1925 als zoon van een Griekse vader en een Franse moeder. Zie ook alle tags voor Pierre Gripari op dit blog.

Uit: La sorcière et le commissaire

“La sorcière, on n’a pas su tout de suite qu’elle était sorcière. On a cru, tout d’abord, que c’était une vieille dame comme les autres, un peu plus mal coiffée peut-être, mal habillée aussi, mais ce n’est pas un crime, avec des cheveux dans les yeux, une dent sur le devant, une bosse par-derrière, et une goutte au bout du nez qui ne voulait jamais tomber.
Elle habitait une petite maison avec un petit jardin autour et des grilles donnant sur la rue. Et puis voilà qu’un jour, un taxi a disparu, un beau taxi tout bleu avec un chauffeur russe. On a cherché partout mais on n’a retrouvé ni l’homme ni la voiture. Mais le lendemain matin tout le monde a vu, derrière les grilles, dans le jardin de la sorcière, une belle citrouille toute bleue, et tout près d’elle un gros rat rouge, assis sur son derrière, avec une belle casquette, bien coquette, posée sur sa tête.
Alors il y a des gens qui ont fait des réflexions.
Deux jours après, c’est une couturière qui a disparu. […] Cette fois, les gens ont bavardé.
Et puis, le mois suivant, ce sont trois personnes qui ont disparu : un agent de police, une femme de ménage et un employé du métro. […] Alors les gens de mon quartier se sont mis en colère. Ils ont pris la sorcière et l’ont menée chez le commissaire.
Et le commissaire lui a demandé : ” Sorcière, sorcière, qu’as-tu dans ton jardin ?
– Dans mon jardin ? a dit la sorcière. Je n’ai rien d’extraordinaire ! J’ai du persil et des radis,
J’ai des carottes et de l’échalote.
J’ai des fleurs, des choux-fleurs et des pois de senteur …
– Sorcière, a dit le commissaire, je ne te parle pas de ton persil ni de tes radis, de tes carottes ni de ton échalote. Je te parle de ta citrouille bleue !
– Ah ! C’est de ma citrouille que vous voulez parler ! Eh bien, il fallait le dire ! C’est un taxi que j’ai transformé … “

 

 
Pierre Gripari (7 januari 1925 – 23 december 1990)

 

De Franse schrijver,illustrator, filmmaker en schilder Roland Topor werd geboren op 7 januari 1938 in Parijs. Zie ook alle tags voor Roland Topor op dit blog.

 

 
Roand Topor: Aller-retour, 1977 

Uit: Four Roses for Lucienne

« Je m’étais fait une telle joie d’assister au récital du grand pianiste italien,Celestino Ascala,que je maudissais le chauffeur du taxi qui m’emmenait à la salle Gaveau.Il semblait prendre plaisir à rivaliser de lenteur avec les piétons.
Lorsque j’arrivais enfin,ce fut avec un tel retard que personne ne me demanda mon billet.Je courus vers ma loge,mais au moment de pousser la porte,les applaudissements éclatèrent,vigoureux et nourris,un triomphe.
Une ouvreuse apparut,affolée.
-C’est donc la fin?lui demandai-je.
Et comme elle ne répondait pas:
-Quel succès!J’ai rarement entendu de tels applaudissements!
Elle me considéra avec stupéfaction.
-Des applaudissements?Mais monsieur,c’est affreux,il faut faire quelque chose,ils sont en train de gifler le virtuose.. »

 

 
Roland Topor (7 januari 1938 – 14 november 1997)

 

De Amerikaanse Amerikaanse dominee, wiskundige, wetenschapper, dichter, filosoof en pedagoog Thomas Hill werd geboren op 7 januari 1818 in Brunswick, New Jersey. Zie ook alle tags voor Thomas Hill op dit blog.

 

The Death Of A Slave

In a low and ill-thatched hut,
Stretched on a floor of clay,
With scanty clothing round her wrapped,
The dying woman lay.

No husband’s kindly hand,
No loving child was near,
To offer her their aid, or shed
A sympathizing tear.

For now the ripened cane
Was read for the knife,
And not a slave could be spared to aid
His mother or his wife.

She is struggling now with Death,—
Deep was that dying groan,
For a corpse now lies on the cold clay floor,
The soul, set free, has flown.

The planter, walking by,
Chanced at the door to stop,
And he cursed his luck, ’there was one hand less
To gather in the crop.’

O, Jesus! hast thou said:
‘The poor your care shall be,
Who visit not the poor and sick,
They do it not to me’?

 

 
Thomas Hill (7 januari 1818 – 21 november 1891)
In 1873

 

Zie voor nog meer schrijvers van de 7e januari ook mijn vorige blog van vandaag.