Mazarine Pingeot, A. M. Homes, Viktor Rydberg, Christopher Fry, Thomas Strittmatter

De Franse schrijfster Mazarine Pingeot werd geboren in Avignon op 18 december 1974. Zie ook mijn blog van 18 december 2008 en ook mijn blog van 18 december 2009.

 

Uit: Mara 

 

„Manuel se dit : il n’y aura pas d’enfant ici. Il n’y aura pas d’enfant né des batailles nocturnes, des coups et des pleurs. Il n’y aura pas de témoin de nos guerres, de nos défaites, il n’y aura pas de victoire, et c’est bien mieux ainsi. Pour moi je ne souhaite aucune victoire. Elle, elle a toujours l’impression de les remporter. Elle croit encore avoir gagné sur quelque chose, sur sa vie ou son destin, elle ne fait que s’y enfoncer un peu plus. Elle lutte, contre elle, contre moi. Elle lutte. Il n’y a que ça qu’elle sache faire. Il n’y aura pas d’enfant.

Mara se dit. Ce n’est pas grave, Manuel ne frappe plus, il s’en prend aux objets, il change, bientôt il sera prêt, nous serons tous les deux prêts, bientôt l’enfant, bientôt la fin des armes.

En bas, Hicham les attend, adossé à sa vieille Mercedes, incapable de dissimuler un sourire amusé, peut-être satisfait. Mara, en le mettant dans la confidence de leur “problème de couple” sans en référer à Manuel, qui lui-même lui en avait livré des bribes, l’a fait entrer dans un jeu dont il ne connaît pas encore la finalité ni les règles, mais qu’il accepte de jouer, relevant malgré lui un défi silencieux que personne n’a lancé, mais qui plane de façon dangereuse. Un jeu très peu ludique, et pourtant un jeu.

Mara monte devant. Elle ne veut rien rater de la route qui mène à Sidi Mhait. Peut-être au retour de la promenade la vie ne sera-t-elle plus la même. Mara interroge ce qu’elle voit, et ce qu’elle voit a depuis quelques temps l’allure de signe, le nombre d’ânes croisés compte, pigeon noir ou pigeon blanc, chaque visage annonce un événement, tout est signe. Une puissance obscure habite les êtres et les objets, elle estompe les frontières, entre les morts et les vivants, ceux qui un jour pourraient naître, ceux que l’on ne connaît pas mais que l’on a fortement désirés, imaginés, inventés, entre les parents les enfants les frères les sœurs les Arabes et les Occidentaux, les hommes et les femmes.“

 


Mazarine Pingeot (Avignon, 18 december 1974)

 

 

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Miles Marshall Lewis, Gatien Lapointe, Heinrich Smidt, Saki, Annette von Droste-Hülshoff

De Amerikaanse schrijver Miles Marshall Lewis werd geboren op 18 december 1970 in The Bronx, New York. Zie ook mijn blog van 18 december 2006 en ook mijn blog van 18 december 2007 en ook mijn blog van 18 december 2008 en ook mijn blog van 18 december 2009.

 

Uit: There’s a Riot Goin’ On 

 

„And as certain things come together, others fall apart—like the recording industry. Butch hasn’t bought a CD in quite a while. All the music he wants is available on Napster and he already laid down a few hundred dollars for a portable MP3 player. After decades of nefarious activities—contractually cheating musicians out of profits; overcharging the public for compact discs; paying artists less than fifteen percent of their musics earnings and owning their master recordings forever and ever—record companies felt the big payback, revenge. To Butch record companies seem like the first crumbling institution in a wave of falling multinational corporate entities to follow.

In the Brooklyn arts community surrounding him unsigned independent bands all take encouragement from the digital revolution, burning their own CDs, setting up their own websites, selling their own music. Screw the industry. In the new age everyone can have his own record label, be her own CEO. One’s artistic worth won’t be measured or rejected by a corporation. On the verge of the twenty-first century Butch saw people self-actualizing, believing in themselves without looking for outside approval. How liberating.

To top things off the death of immediate hiphop icons Tupac Shakur and the Notorious BIG has made the power of intention common knowledge to the pop community. At first only a few made the crass observation that Biggie Smalls named his albums Ready to Die and Life After Death and was then killed; that Tupac rhymed incessantly about death and dying young and was murdered at 25. The moral slowly spilling over into the mass consciousness? We get what we ask for, all of us. This was the beginning, Butch thought, of folks being more careful of what they put out into the universe, consciously exercising universal laws of cause and effect more carefully. It’s the biggest legacy the senseless deaths of the young and talented MCs could have left their generation.“

 


Miles Marshall Lewis (New York, 18 december 1970)

 

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